A la découverte du Salon du Livre de Turin

Torino_LingottoSalone_Libro_2016_DSC05496Le Salon International du Livre de Turin

est la plus importante manifestation de l’édition en Italie, un rendez-vous du mois de mai devenu incontournable. La ville de Turin que l’on pensait surtout industrielle s’est trouvé d’autres atouts, y compris en recyclant le Lingotto, ancienne usine de la Fiat (Fabbrica Italiana Automobili Torino) en Centre des Congrès et Foires.

 

En visite au Salon

Les visiteurs se pressent de plus en plus nombreux d’années en années ; c’est que le Salon de Turin est vraiment une fête pour ceux qui aiment la lecture. On se perd avec bonheur au milieu des stands des éditeurs à parcourir les titres de livres, à en feuilleter certains. Et il n’est pas rare de se trouver soudain aux côtés d’un auteur qu’on dévore depuis des années et qui ne demande qu’à vous dédicacer son dernier ouvrage.

Dès les jours précédant le salon, le grand jeu consiste à sélectionner sur le programme les rencontres avec ses écrivains préférés, avec des journalistes, des linguistes, des historiens, des traducteurs… Sur place, on se rend au rendez-vous devant l’une des quelque 22 salles -qui vont d’une quarantaine de places à 500 places pour l’auditorium- pour suivre un débat avec des intervenants très connus : pour cette année 2016, Roberto Saviano, Walter Veltroni, Giancarlo De Cataldo, Marcello Fois, Carmine Abate, Carlo Ginzburg, ou encore Alberto Angela, Corrado Augias…

En début de soirée, pour se remettre de ses émotions, le rituel de l’apéritif turinois s’impose : un verre accompagné d’un plateau de fromages, olives, réductions salées… Imaginez enfin la surprise des cinq Mosellans dont j’étais quand, en pleine dégustation à l’une des bonnes tables du centre ville, Nanni Moretti a traversé la salle !!! Il était présent au Salon pour l’enregistrement de livres audio.

http://www.salonelibro.it/it/

Souvenirs de quatre salons du livre de Turin :

photos Anne-Marie Dufour et Etienne Arbitre

Terzo Paradiso

Une installation de Michelangelo Pistoletto, artiste emblématique de l‘Arte Povera, attendait cette année les visiteurs dans l’espace réservé aux plus jeunes lecteurs. Terzo Paradiso (Troisième Paradis) était composée d’empilements de milliers de livres qui dessinaient au sol un cercle inséré au milieu du signe mathématique de l’infini. Cette forme récurrente dans l’œuvre de l’artiste évoque les cycles de la régénération de la matière et le côté cyclique du temps. Un grand miroir vertical complétait l’installation, largement utilisé par le public pour faire des selfies d’un nouveau genre. A la clôture du Salon, les 10 000 livres composant cette installation ont été distribués au public. Micelangelo Pistoletto vit et travaille à Turin depuis 1990.

http://it.terzoparadiso.org/

Philippe Poivret, membre d’ACFI, a consacré un article à Michelangelo Pistoletto.

Lingotto : de la FIAT au Centre des Congrès

La Société FIAT (Fabbrica Italiana Automobili Torino) commence la construction de son établissement industriel du Lingotto en 1916. Il sera inauguré en 1923, en présence du roi Victor Emmanuel III. Il est situé près du quartier Lingotto dont il a pris le nom.

Le projet général fut confié à l’ingénieur Mattè-Trucco et réalisé en béton armé sur le modèle des usines Ford. L’autodrome sur le toit -une piste d’essai pour les voitures FIAT- fait partie des innovations remarquées par Le Corbusier dans son ouvrage Architecture ou Révolution. Cette piste devait permettre des essais à 90km/h.

Après avoir été un acteur du miracle économique italien, l’établissement industriel du Lingotto, longtemps dirigé par Giovanni Agnelli, est fermé officiellement en 1982.

Dès 1985, l’architecte génois Renzo Piano est chargé d’un projet de restructuration de l’établissement qui devra abriter des activités tertiaires avec priorité à la culture. La structure externe de l’établissement est conservée mais l’intérieur est complètement réaménagé avec un centre d’exposition, un centre des congrès, un auditorium, un cinéma, des bureaux de direction, une galerie marchande, l’8-Gallery, par référence au nom Lingotto, otto signifiant 8 en italien.

Sur le toit sont construits une piste circulaire d’atterrissage pour hélicoptères et la Bolla (bulle de verre) qui est une salle de réunion avec vue panoramique sur les Alpes et sur la piste d’essai du Lingotto.

La direction de la FIAT regagne le Lingotto dès 1997. En 2002, Renzo Piano conçoit un écrin –lo Scrigno– pour la Pinacothèque Giovanni e Marella Agnelli qui abrite la collection Agnelli : des œuvres des peintres Canaletto, Tiepolo, Renoir, Manet, Balla, Bellotto, Picasso.

Le Comité organisateur des 20e Jeux Olympiques d’hiver en 2006 s’est installé au Lingotto.

 

vidéo : panoramique sur le toit du Lingotto


Le Salon en chiffres

Le Salon du livre de Turin est la seconde foire du Livre en Europe pour le nombre d’exposants après celle de Francfort, et, depuis 2006, la première foire de l’édition pour le nombre de visiteurs.

Les données 2016 : 29e salon / du jeudi 12 au lundi 16 mai 2016 / Thème : Visioni (visions), pour un salon des visionnaires / 51000 m² d’espace d’exposition / plus de 1000 éditeurs, plus de 1300 rencontres et débats, ateliers pédagogiques, spectacles / un « Bookstock Village » ou espace pour les jeunes lecteurs, de l’enfance à l’âge étudiant ; des livres sur papier, bien sûr, mais aussi des produits multimédia (ebooks et audio-livres), des fumetti (bandes dessinées), des revues
126 406 billets vendus en 2016 (+ 3,1 % par rapport à 2015)

2 pensées sur “A la découverte du Salon du Livre de Turin

  • 22 mai 2016 à 10 h 55 min
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    Excellent travail, complet et qui donne envie de retourner à ce Salon du Livre passionnant !

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  • 23 mai 2016 à 11 h 29 min
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    Bravo Anne-Marie, Globe-reporter ITALIRE à Turin ! Bravo pour ta passion que tu sais si bien communiquée !

    Répondre

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