Italire 2019 Pol’Art – Police scientifique et méthodes d’enquête

La police scientifique et les méthodes d’enquête

Samedi 6 avril 2019, 17h, Capitaine de Gendarmerie Emmanuel Lochon, commandant la Brigade territoriale de Maizières-lès-Metz

Le Capitaine Emmanuel Lochon nous a retracé la longue histoire de la police scientifique, l’évolution des outils d’investigation et d’identification, et celle des méthodes de travail de la Gendarmerie scientifique.

Pour illustrer son propos, il a repris « l’Enquête à la Médiathèque » , au scénario de laquelle il a largement participé, en appliquant à une étude de cas les termes techniques expliqués auparavant.

Pas de pot pour Filippo : enquête à Maizières-lès-Metz

Samedi 30 mars – 19 heures

Aline T., passagère du TER 88761, est témoin d’une altercation avec arme à feu entre deux silhouettes le long de la voie ferrée, à Maizières, près du pont sur le Billeron. Arrivée à Metz, elle témoigne à la police ferroviaire.

La brigade de Gendarmerie de Maizières-lès-Metz (PAM BTA) se rend aussitôt sur les lieux de cette altercation, prend des photos et marque les traces de pas au sol (TICP). Il y a suspicion de traces de sang, prélèvements et saisie d’une monture de lunettes brisée. Les lieux sont protégés par une tresse de Gendarmerie. Les mauvaises conditions météorologiques compliquent le travail des gendarmes.

Lundi 1er avril, matinée.

Guendolina est inquiète : son mari est absent depuis deux jours. Elle se rend à la brigade de Maizières pour signaler une disparition inquiétante. Une procédure de recherche est mise en place : diffusioon de message, d’une photo, inscription aux fichiers des disparus, information sur le journal local, sur TV Maizières et sur les réseaux sociaux.

Une enquête est réalisée sur l’environnement de Filippo : il n’est pas rentré à son domicile depuis samedi
prétexte souvent à sa femme que son métier de commercial en automobile le surmène, qu’il n’a pas d’horaires réguliers et peut être appelé n’importe où… Il a une réputation de « coureur », fait accepté par sa femme parce qu’il rentre toujours à la maison. Eléments inhabituels de sa part : son portefeuille est resté à la maison, ainsi que ses documents de travail.

Lundi 9h30

Sandra, bibliothécaire, découvre le corps d’un homme mort dans la salle d’exposition à côté de la porte d’accès arrière : c’est donc une seconde scène de crime. On suspecte un rapprochement avec la première scène de crime. Appelée sur les lieux, Guendolina reconnaît le corps de son mari.

On note (CIC – TIC – COCRIM) un impact de balles sur la poitrine, les vêtements encore humides et les chaussures boueuses de la victime ; un portable et un bijou sont trouvés dans sa poche de pantalon. La victime s’est donc traînée depuis la voie ferrée jusqu’à la médiathèque pour s’y mettre à l’abri ; elle y a trouvé la porte entrouverte car elle elle ne fonctionnait pas bien.  On fait appel à un renfort d’unités spécialisées. La rue de Lorraine est bloquée jusqu’à la madiathèque : recherche de traces, de l’arme du crime, enquête de voisinage, etc.

Enquête à partir des indices

Les gendarmes s’adressent au magasin d’optique Griffoptical (origine des lunettes) ; Mathieu Deck, opticien, les informe qu’il a conseillé à Filippo, qui cherchait à faire un cadeau à une personne chère, de se rendre chez le bijoutier Bianchi. M. Bianchi confirme aux gendarmes que Filippo lui a demandé de graver les lettres F-G sur le bijou qu’il a choisi et qu’il devait se rendre aussitôt après chez son coiffeur habituel.

Eric, coiffeur, est un ami proche de Filippo ; il informe les gendarmes de la liaison de Filippo avec une certaine Ghislaine, une jolie blonde de Talange. Il sait en outre que Filippo avait deux billets de l’agence Fensch Voyages de Yutz pour un séjour à Venise. Enfin, pendant qu’il coiffait son ami Filippo, ce dernier a reçu un sms : « RV habituel 18h ».

Un interrogatoire de Ghislaine est désormais indispensable. Une garde à vue ? Il s’avère qu’elle a un mari jaloux, Gustave, qui la surveille et épie tout ce qu’elle fait. Elle ignore l’envoi du sms. Son téléphone portable est confié au service spécialisé de la Gendarmerie qui retrouve la trace d’un sms effacé, son contenu et son destinataire : Gustave avait donné rendez-vous à Filippo en subtilisant le portable de sa femme Ghislaine.

De lourds soupçons pèsent donc maintenant sur Gustave. Il est interpellé à son domicile et on procède à une perquisition : les deux billets de voyage sont trouvés cachés sous le matelas ; un pistolet 635 est retrouvé fraîchement enterré dans le jardin.

Gustave avoue son crime.

Mais la Gendarmerie doit continuer ses investigations. On envoie l’arme et la balle à l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie à Pontoise pour identification. Un médecin légiste procède à une autopsie du corps.

Scénario collectif

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