Italire 2017 – Le Slow Food : buono, pulito e giusto

conférence, par Anne-Marie Dufour

Anne-Marie a présenté SLOW FOOD, une association internationale sans but lucratif fondée en Italie en 1986 par Carlo Petrini en réaction à l’émergence du mode de consommation de type restauration rapide.
Buono, pulito, giusto (bon, sain, juste) est son slogan. Elle est reconnue par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (ou FAO) et possède son siège à Bra, au sud de Turin. Son logo est un escargot qui symbolise un mouvement très lent. En effet, c’est lors de l’installation d’un restaurant McDonald’s en plein cœur de Rome que les militants d’Arcigola proposent une stratégie à long terme comme alternative à la restauration rapide (fast food).
Le mouvement prend ses racines en 1986 dans les Langhe (région du Piémont, au pays du Nebbiolo, du Barolo et de la truffe blanche d’Alba…) où un groupe d’amis (œnologues, historiens et sociologues) se réunit autour des valeurs de la convivialité et de la bonne nourriture simple, ayant pour passion commune l’établissement de rapports clairs entre le plaisir, l’origine des aliments et la vie rurale. Cette association est alors nommée Arcigola et élit Carlo Petrini comme président.

Son objet principal : réduire la fracture, d’un côté, entre les consommateurs fortunés qui recherchent de bons produits authentiques cultivés par des gens pauvres et qui s’appauvrissent encore plus en perpétuant leurs pratiques traditionnelles, et de l’autre côté, les petits consommateurs contraints d’acheter des aliments de mauvaise qualité mais peu chers, produits par des industriels très puissants.
En 1989, devant l’ampleur de ce nouveau défi et l’urgence de sa mission, l’association prend le nom de SLOW FOOD, soutenue par des milliers d’Italiens et des membres au niveau international. En décembre 1989, le mouvement s’internationalise avec la signature de son Manifeste du Slow Food, à l’Opéra Comique de Paris.

Ses objectifs sont : s’opposer aux effets dégradants de l’industrie agroalimentaire et de la culture de la restauration rapide qui standardisent les goûts ; défendre la biodiversité alimentaire au travers des projets de l’Arche du goût ; promouvoir les effets bénéfiques de la consommation d’une alimentation locale et aider les producteurs-artisans de l’agroalimentaire qui font des produits de qualité, et ce dans tous les pays ; promouvoir le plaisir du goût ; encourager le respect de l’environnement ; travailler pour la sauvegarde et la promotion d’une conscience publique des traditions culinaires…

Au cours de sa conférence, Anne-Marie Dufour a détaillé les nombreuses manifestations « Slow Food » favorisant les rencontres, le dialogue et le bien-vivre ensemble à travers le monde entier (l’Arche du goût, Terra Madre, les Presidi, l’Université des sciences gastronomiques à Bra, le Salon international du goût,…)

Chapeau de paille sur la tête, tablier de jardinier, panier de légumes de saison sous le bras, Anne-Marie a conclu et invité le public à apprécier et partager les plaisirs de la diversité des cuisines du terroir, à reconnaître la variété des lieux de production et à respecter le rythme des saisons, tout en donnant de la valeur à l’agriculture à petite échelle, y compris dans nos jardins potagers…

Alphonse Romano

Vidéo :

Annonce du premier Salon du Goût – Terra Madre à Turin

Carlo Petrini s’exprime sur la sostenibilità (développement durable)

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