Italire 2017 – Grafica Utile. Design et qualité de vie en Italie

conférence, par Luciano Cheles, Université de Grenoble-Alpes

Cette conférence illustrée a porté sur les affiches frappantes produites par les municipalités, les groupes de pression et les organisations militant pour les droits civiques de diverses régions d’Italie. Le point commun de ces affiches est celui de promouvoir une prise de conscience collective des questions sociales, politiques ou culturelles.
L’affiche d’utilité publique illustrée a vu le jour en Italie vers la moitié des années 70. Sa diffusion est étroitement liée à la décentralisation administrative qui s’est installée en Italie à cette époque. Les autorités locales, qui jusque-là n’avaient pas de réels pouvoirs, tout se décidant à Rome, se sont vues confier des responsabilités majeures qui incluaient la gestion de services sanitaires, de la protection sociale, de l’aménagement urbain, des bibliothèques et des musées locaux. Le contrôle direct de ces nouvelles compétences a conduit les administrations de plusieurs villes (Venise, Florence, Pesaro, Matera…) à rechercher des formes inédites de communication afin d’améliorer le rapport avec la population et de promouvoir leur participation active.
La délégation de pouvoirs fut saluée comme une libération, surtout par les municipalités de gauche, les plus frustrées par les contraintes imposées par le pouvoir central, ce dernier étant solidement entre les mains des Démocrates-Chrétiens et de leurs alliés depuis 1948. L’indépendance nouvellement acquise offrait à ces collectivités l’opportunité de montrer ce dont elles étaient capables. Les politiques sociales et culturelles qu’elles mettaient en œuvre sur le plan local étaient présentées comme un modèle de celles qu’elles appliqueraient au plan national lorsqu’elles arriveraient au pouvoir.
Les affiches analysées portent sur l’environnement (pollution, recyclage, propreté), la santé (toxicomanie, alcoolisme, SIDA), la sexualité (droits des femmes et des minorités sexuelles), la paix et la sécurité (campagne contre l’installation de missiles de croisière, terrorisme), la culture (festivals musicaux, cinématographiques et théâtraux) et la vie civique (règlementation de la circulation routière, urbanisme, simplification de la bureaucratie).
La conférence s’est attardée sur l’étonnante originalité esthétique des affiches, qui ont été réalisées par des graphistes locaux personnellement engagés dans les causes en question.

Luciano Cheles

Luciano Cheles a commencé par rappeler les racines de cette communication institutionnelle puisque souvent, ce que nous admirons comme une œuvre d’art en Italie avait aussi une fonction de communication institutionnelle, les célèbres fresques du bon gouvernement à Sienne en sont un bon exemple.

Le public a découvert des artistes engagés dans la vie de leur cité au travers de ces créations, un art propre à cette période riche de la vie politique locale dans l’Italie des années 1975-1985.

La conférence s’est terminée sur un commentaire de certaines de ces affiches où Luciano Cheles nous a apporté les éléments politico-culturels nécessaires à leur meilleure compréhension.

 

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